Moulin Amour : vers la reconstitution d’un écosystème unique

Le moulin Amour se pare régulièrement des couleurs d’antan. La semaine dernière, des chevaux de trait étaient de retour pour un travail bien particulier… Le site du moulin Amour...

Le moulin Amour se pare régulièrement des couleurs d’antan. La semaine dernière, des chevaux de trait étaient de retour pour un travail bien particulier…

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Les chevaux de trait au travail.

Le site du moulin Amour est géré par l’AVPN. Une association qui porte bien son nom : association pour la valorisation du patrimoine normand. Comme le rappelle régulièrement son président Jean-François Rivart, « Nous ne devrions pas parler DU patrimoine mais DES patrimoines ». Outre le moulin du XIXe siècle qui a été magnifiquement restauré par les bénévoles de l’association, il existait autour de celui-ci une faune et une flore rares que l’équipe de l’AVPN, aidée par ses nombreux partenaires, tient absolument à retrouver.

Un peu d’histoire…

Dès 1888, un botaniste M. Coquerel parlait déjà d’une « florule » (petite flore) de la vallée de l’Oison. Il avait alors recensé plus de 600 espèces de plantes, dont 24 orchidées sauvages et 6 saules différents ! La partie en aval du moulin était une prairie humide propice à l’expansion des crues de l’Oison. En 1970, cet espace avait été planté de 165 peupliers.

Cette peupleraie a malheureusement limité la flore au sol, par étouffement ou libération de toxines par le biais des feuilles de peuplier, et le gui a proliféré. On a constaté une perte abusive d’eau par évapotranspiration des peupliers (700 l par jour et par arbre, soit 116 000 l par jour pour l’ensemble de la peupleraie !)

Des chevaux et des ânes pour le retour de la flore d’antan

La peupleraie a donc été abattue définitivement et le site a retrouvé son aspect d’origine. En restaurant cette zone humide, l’AVPN participe à la politique nationale de préservation des zones humides, zones qui jouent un rôle primordial dans la gestion des ressources en eau. Le conseil général de l’Eure soutient cette action. Il avait notamment financé un programme de pâturage par deux chevaux Konick polski au cours de l’hiver 2004 en partenariat avec le conservatoire des sites naturels de Haute-Normandie. Ces chevaux rustiques ont mangé les herbes et les repousses de peupliers que d’autres espèces auraient boudées. Fin 2004, des espèces rares de plantes faisaient déjà leur réapparition. Le populage des marais et plusieurs espèces d’orchidées sauvages accrochent désormais le regard des visiteurs, et dès le début de l’été, la prairie humide se pare d’une multitude de reines des prés au doux parfum d’amande.

L’AVPN a continué d’œuvrer dans ce sens et elle invite régulièrement les ânes de la ferme du Mathou (Thuit-Simer) à venir se régaler sur le site du moulin.

La main de l’homme fignole le travail de la nature

À chaque fin de saison, après le passage des ânes de Nicolas Saraval, les employés de l’association procèdent à un fauchage massif de la zone humide. Cette année, ces charmants équidés ont été moins gourmands que d’habitude, laissant une végétation importante sur pied. Le fauchage s’est donc avéré plus que nécessaire, et a laissé une grande quantité de déchets verts au sol. Bruno Buttard, partenaire régulier de l’AVPN, et Sylvie Devigne – qui vient de monter sa structure au Gros-Theil « aux coul’Eure du cheval » – ont été invités au moulin avec leurs chevaux. Ils sont d’abord passés avec une ratelle attelée à un cheval pour réaliser des andains – bande continue de fourrage laissée sur le sol – afin de faciliter l’exportation des déchets de coupe. Ceux-ci ont été emportés par un 2e cheval et une charrette. Cette opération a été menée avec les bénévoles de l’association en renfort dans le but d’éviter d’enrichir le milieu.

27370 Saint-Ouen-de-Pontcheuil

Auteur : Jean-Paul Adam

Source : Le courrier de l’Eure

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